•  La Loge d'Orient (La Loge-Lionne), Aube, France

    24 mai 1136 - 22 h

    Deux personnes assistaient aux dernières heures d'Hugues de Payns, fondateur et premier grand maître de l'Ordre des Templiers. En ce jour de l'Ascension, un autre évènement se préparait en ce lieu retiré du monde. Depuis sa création, l'Ordre du Temple avait connu une croissance exponentielle. Les donations étaient importantes et de nombreux chevaliers avaient rejoint l'Ordre. Ils avaient ainsi permis à cette nouvelle milice, comme l'avait appelée Bernard de Clairvaux, de prendre la première place sur la scène des relations entre l'Orient et l'Occident. Plusieurs ordres militaires et religieux avaient été mis sur pied depuis la prise de Jérusalem en 1099 et la tradition occidentale avait depuis longtemps donné le jour à des ordres comme l'Ordre de la Licorne d'Or, l'Ordre de Malte, l'Ordre des Chevaliers de Tau… mais les Templiers se distinguaient visiblement par une adhésion massive depuis près de vingt ans. Le soutien du futur saint Bernard n'y était certes pas étranger, mais était-ce la seule raison pour laquelle un engouement sans précédent conduisait des nobles à devenir simples chevaliers ?1

    A l'âge de 66 ans, Hugues de Payns avait choisi de quitter le monde des vivants dans la quiétude. Loin des fastes que l'ordre commençait à affectionner, son fondateur se retrouvait avec ses plus proches amis qui avaient choisi de rester dans l'ombre. Mais plus que des amis, il s'agissait de réunir la Communauté intemporelle du Laurier. Compagnon de Terre Sainte dont la rencontre remontait à la première mission d'Hugues en Orient, Mohamed Ibn Touloun se tenait aux côtés de Mélusine. De Mohamed, l'histoire ne retiendra que son lointain ancêtre, fondateur de la dynastie des Toulounides qui avait régné sur l'Égypte à la fin du IXe et au début du Xe siècle. De Mélusine, des légendes se bâtiront par Gervais de Tilbury2 puis, quelques siècles plus tard, avec les poètes Jehan d'Arras et Couldrette qui en feront une fée aux multiples visages...

    Hugues de Payns était allongé sur une couche sobre. Il avait préparé sa succession matérielle avec Robert de Craon afin de rendre fluide cette passation. Ce dernier avait déjà fait ses preuves en matière d'organisation au sein de l'Ordre. Les statuts imposaient une élection mais celle-ci devait finalement entériner ce qui avait été mis en place auparavant. Serein face à son destin, le grand maître réfléchissait à sa vie et à ce qu'il avait entrepris depuis sa rencontre avec Bernard de Clairvaux.

    Mais plus que sa propre vie, le grand maître contemplait ce qui était le bien le plus précieux à ses yeux. Une épée forgée en Terre Sainte à partir d'un objet beaucoup plus ancien dont les origines se perdaient dans la nuit des temps… Posée contre le mur de pierre, en face du lit, l'épée brillait par les lumières des chandeliers posés sur la table en bois. Un léger courant d'air faisait osciller les flammes des bougies. Les reflets donnaient ainsi une vie à la lame polie.

    - Mes amis, pensez-vous qu'elle doive être transmise au sein de l'ordre ? demanda alors Hugues, rompant le silence.

    - Nous le pensons, en effet, répondit Mélusine. Nous en avons longuement discuté et même si l'ordre du Temple semble s'écarter de ce que nous attendions de lui, il n'en reste pas moins le meilleur dépositaire aujourd'hui.


     

    Village de Payns (photographie : Philippe Contal, octobre 2006)


    - Village de Payns -
    (photographie : Philippe Contal, octobre 2006)

    Les longs cheveux noirs de Mélusine soulignaient ses traits fins. Elle s'était retirée des affaires publiques depuis plusieurs années. Officiellement décédée, Mélusine jouissait d'un exceptionnel degré de liberté.

    - Que de chemin parcouru depuis notre première rencontre en Terre Sainte, rappela-t-elle.

    - Voici plus de trente ans que nous nous oeuvrons ensemble. Votre premier voyage avec le comte de Champagne nous avait alors permis de reconstituer notre communauté après le décès de votre prédécesseur. L'arrivée des Chrétiens à Jérusalem avait alors ôté tout espoir d'un rapprochement entre l'Orient et l'Occident. Et pourtant, contre toute attente, ce sont des chevaliers chrétiens qui prirent le relais de notre mission.


    Mohamed s'exprimait calmement, avec une voix tranquille mais ne laissant généralement pas de place ni au doute ni à la contestation. Il avait été de nombreuses fois confronté à la haine primaire de certains Chrétiens mais sa maîtrise du combat armé ou non lui avait toujours permis de s'en sortir sans heurt. Profondément humaniste, il avait rejoint la Communauté du Laurier bien avant sa rencontre avec le futur fondateur des Templiers. Malgré son âge avancé, il était toujours présent et oeuvrait comme Mélusine dans l'ombre des grandes organisations visibles en Orient comme en Occident.

    Les représentants des religions avaient depuis très longtemps été écartés de cette mission de sauvegarde. Les croyances exclusives avaient pris le pas sur la tolérance religieuse. Les " dieux uniques " avaient remplacé les dieux aux multiples facettes. Autour de la Mer Méditerranée, les anciennes religions avaient laissé la place à trois courants s'opposant militairement sous prétexte que la vérité était seulement le privilège d'un seul. Ce désordre qui avait connu son apogée à la suite de la déstructuration de l'Empire Romain ne semblait pas toucher à sa fin.

    - Nous remettrons l'épée à Robert de Craon ce soir, reprit Mélusine. En attendant, nous devons procéder à notre rituel.

    - La deuxième partie de notre trésor est-elle bien protégée, demanda le grand maître ?

    - N'ayez crainte, le choix que nous avions effectué ensemble voici plusieurs années se révèle pertinent. Les bons chrétiens auxquels nous avons confié la graine sont garants de sa sécurité. Nous les avons rencontrés voici quelques semaines aux confins des Pyrénées. Ils se structurent actuellement et ont l'appui des pouvoirs seigneuriaux en place. Leur fidélité aux préceptes évangéliques leur donne une image très appréciée en Terre d'Oc. Le seul risque réside dans l'ombre qu'ils pourraient créer à Rome… mais nous n'en sommes pas là.


    Mohamed parcourait l'Europe et le Proche-Orient depuis de longues années. Le plus souvent de manière discrète, voyageant de nuit afin d'éviter les rencontres inopportunes. De la chaleur des déserts aux neiges éternelles, il ne se lassait pas d'admirer ce que la nature offrait aux hommes. Regrettant sans fin que ceux-ci n'en prennent conscience qu'occasionnellement, il conservait néanmoins cette utopie humaniste que l'Homme serait un jour capable de sortir de son état de somnolence spirituelle.

    Mélusine prit l'épée et la déposa sur le lit sur lequel reposait Hugues. Ce dernier posa les mains sur la garde. Mélusine et Mohamed se placèrent de chaque côté, les deux mains au-dessus de la lame, paume ouverte vers le bas.

    Dans un silence surnaturel, les trois amis se recueillirent, les yeux fermés. Plusieurs minutes passèrent quand l'épée fut enveloppée d'une lumière orangée. Ténue puis de plus en plus soutenue, la lumière prit une forme rectangulaire allongée barrée de quatre lignes plus fines en son sommet. L'épée redonna ainsi la vie à un symbole dont les origines remontaient à plusieurs millénaires. La lumière des chandelles s'effaçait devant la luminosité qui émanait de l'épée.

    Soudain, la lumière s'éteignit, plongeant la pièce dans une relative pénombre. L'épée avait repris son aspect d'origine. Elle brillait cependant d'une énergie qu'elle n'avait pas connue depuis sa fabrication, vingt ans plus tôt. D'un matériau que la magie rendait unique, l'épée avait été forgée selon les méthodes de feuilletage. Lame de Damas dont les propriétés dépassaient de loin tout ce que la métallurgie pouvait permettre de réaliser, elle était surtout l'un des deux éléments qui constituaient l'Unique, le pouvoir absolu. Conservé pendant des siècles dans le temple d'Abydos, le vase primordial représentait, avec son contenu, ce qui pouvait changer le monde. Mais comme tout outil ou arme, ce pouvoir prenait l'orientation du bien ou du mal en fonction de son utilisation… et de son utilisateur. Trois personnes avaient été chargées depuis des temps immémoriaux de protéger ce trésor. Source d'une puissance infinie, il semblait préférable de le cacher. Un jour peut-être… l'humanité serait suffisamment sage pour en faire un usage bénéfique.

     

    Vue de Damas (extrait du livre ''La chevalerie et les croisades'', d'après les grands ouvrages de M. Paul Lacroix, 1887)


    - Vue de Damas -
    (extrait du livre "La chevalerie et les croisades", d'après les grands ouvrages de M. Paul Lacroix, 1887)


    L'épée avait été forgée selon les méthodes ancestrales. Le matériau qui avait traversé les siècles avait ainsi été recouvert de plusieurs couches de différents aciers. Conservant ses propriétés magiques mais protégé par ce laminage, le vase conservait sa fonction de contenant. La graine qui était auparavant conservée dans la coupe devait désormais être placée dans le pommeau de l'épée. Mais aujourd'hui, seule l'épée était entre les mains du grand maître des Templiers. Peu après la prise de Jérusalem par les Chrétiens, il avait semblé opportun de scinder l'objet magique en deux parties complémentaires.

    - Hugues, il est temps pour nous de nous retirer. Auparavant, nous devons remettre l'épée à votre successeur. Etant désormais instruit de notre mission et ayant reçu de sa part son engagement à nous aider, il sera le nouveau maillon de la chaîne.


    Rompant le silence, Mélusine avait également reposé l'épée contre le mur.

    - Il ne devrait plus tarder. Je l'avais prévenu de votre passage.


    En effet, trois coups firent résonner la lourde porte en bois. Robert de Craon fit son entrée dans la pièce et salua ses compagnons. La Communauté du Laurier prenait ainsi un nouveau visage, conservant son œuvre millénaire de préservation…

     http://www.khetemet.com/legendeChapitre06.aspx


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  •  L'extraordinaire résistance aux radiations d'une bactérie,Deinococcus radiodurans, lui a valu une célébrité mondiale et suscité quelques fantasmes. En octobre dernier, Miroslav Radman et son équipe avaient décrypté sa recette pour réparer son ADN mis en charpie. Aujourd'hui, une équipe américaine ajoute un nouvel ingrédient, le manganèse, et affirme que des protéines doivent jouer un rôle déterminant.

    Depuis qu'elle a été découverte, en 1956, barbotant en pleine forme dans des conserves traitées par une dose massive de radioactivité, la bactérieDeinococcus radiodurans n'en finit pas d'étonner les scientifiques. Cette championne de la survie résiste mieux que personne à tout ce que les organismes vivants abhorrent : les ultraviolets, la radioactivité, l'eauoxygénée, l'acidité, le chaud (52 °C), le froid (-45 °C), le dessèchement et même le vide sans oublier l'absence de nourriture. On la trouve bien sûr dans des milieux aux conditions de vie très difficiles mais aussi… partout ailleurs car cette originale aime également le confort.

    Pour expliquer cette exceptionnelle résistance, et particulièrement celle auxrayonnements ionisants (cette bactérie tient le coup à 10 000 Gy - grays - alors que Escherichia coli, une autre bactérie, périt à 60 Gy), on évoque depuis longtemps un mystérieux mécanisme de réparation de l'ADN, qui pourrait encore agir après la destruction quasi-totale des chromosomes etplasmides constituant son génome. Pour décrire ce retour à une vie normale après ce qui serait un arrêt de mort chez les autres organismes vivants, on parle parfois de « résurrection ». Certains, fortement impressionnés, font même de cet être hors norme un extraterrestre : Deinococcus radioduransnous serait venue de Mars ou d'ailleurs, transportée par une météorite ou obligeamment déposée par une soucoupe volante. D'autres, et non des moindres, en font un candidat pour peupler la planète Mars, justement.

    Parmi eux figure Miroslav Radman, professeur à l'Université René Descartes(Paris) et directeur de l'Unité 571 de l'Inserm. En 2006, lui et son équipe ont démonté le mécanisme de réparation de l'ADN. L'opération se ferait en deux phases. La première reconstitue les parties détruites en se servant des morceaux d'ADN restants et en s'aidant d'une certaine redondance dans lesgènes. La seconde recombine l'ADN pour fabriquer de nouveaux chromosomes. Et le tour est joué.

    Elle résiste aux pires conditions de vie et reconstitue son ADN, même quand il est en grande partie détruit. Les secrets de cette bactérie sont bien gardés mais pourraient nous ouvrir de nouvelles pistes médicales.Crédit  : Inserm
    Elle résiste aux pires conditions de vie et reconstitue son ADN, même quand il est en grande partie détruit. Les secrets de cette bactérie sont bien gardés mais pourraient nous ouvrir de nouvelles pistes médicales.
    Crédit : Inserm

    Des protéines au travail

    Mais comment fonctionne ce mécanisme ? Michael Daly (University of the Health Sciences, Bethesda, Maryland, Etats-Unis) n'a pas la réponse mais pointe l'importance de protéines et du manganèse. Il remarque que chezDeinococcus radioduransce métal est 300 fois plus abondant que dans les bactéries sensibles à la radioactivité. Dans un article à paraître en avril dans le magazine, PLoS Biology, lui et son équipe dévoilent l'existence d'un complexe chimique, utilisant le manganèse et dont la propriété est de détruire les radicaux libres, plus précisément ceux connus pour causer des dommages aux protéines mais pas à l'ADN. Or, note Michael Daly, « les protéines des bactéries sensibles aux radiations sont beaucoup plus sensibles que l'ADN ».

     http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/vie-1/d/la-championne-de-la-resistance-a-la-radioactivite-livre-un-secret-de-plus_10565/#connexe

     

     

    Son idée est donc que la réparation de l'ADN passe par la protection des protéines. Cité par Science, David Thaler, un microbiologiste de l'université Rockefeller (New York), suggère que le manganèse pourrait améliorer la capacité de certaines protéines à réparer l'ADN. Pour l'instant, il reste à en savoir plus sur ce complexe chimique. Michael Daly s'est lancé sur cette piste. La suite, donc, au prochain épisode…



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    bien nombreux sont ceux qui entendent les morts car oui ils continuent à nous parler par les outils techniques don nous disposons, aussi ça peut arriver à chacun de nous de voir l'image d'un proche sur un écran d'ordinateur ou de télé éteinte , ou alors entendre une voix sur une enregistrement audio ou un téléphone portable, oui les morts sont pas si morts que vous le pensez et ils usent de bien d'astuces pour nous livrer leur message aussi je vous conseille ce site pour vous rendre compte à quel point ils sont proche de nous :

     http://www.melonic.be/j/index.php?option=com_content&view=article&id=62&Itemid=75

    ici vous pouvez entendre des courtes phrases que des défunts ont délivré à leur proche et ce que vous trouverez sur la page d'accueil 

     C'est aux premiers regards portés en famille,

    autour de la table, 
    sur les sièges plus écartés, 
    que se fait l'Adieu véritable. 
    (Sully Prud'homme)

         

     

     

    Si vous consultez ce site aujourd'hui, ce n'est certainement pas par hasard.
    Vous avez peut-être dû faire face, ou êtes en train de surmonter de bien difficiles moments, des moments qui nous amènent à chercher le sens de tout çà, à comprendre le pourquoi de la Vie et notre devenir après.

    Vous avez probablement navigué sur d'autres sites traitant de la Vie après la Vie; dans le cas contraire, nous vous le conseillons vivement.
    Certains sont très enrichissants concernant la spiritualité, les moyens de communication avec l'Au-delà, l'historique précis de la transcommunication instrumentale, les débats et les recherches actuellement en cours pour approcher scientifiquement les phénomènes dits " paranormaux ".
    C est pourquoi nous ne reviendrons que brièvement sur ces thèmes, vous n'en trouverez que des synthèses pour la compréhension globale.

    Nous, Nicole et Gisèle, nous sommes décidées à créer cet espace, parce que nous avons pensé qu'un site offrant de multiples extraits de voix paranormales recueillies par TCI,  y incluant volontairement des extraits de qualités diverses, permettrait aux intéressés de se forger une idée plus précise de ce mode de communication avec l'Au-delà.

    D' autre part, il nous a semblé que partager les conseils que nous avons suivis, sans oublier les mises en garde contre les dangers de la TCI et sans être non plus une incitation à cette pratique -il s' agit juste d' un partage de ce que nous avons vécu- pourrait être intéressant pour certains d' entre vous.

    Peut être y trouverez-vous aussi quelques pistes de réflexions.

    Qu’il soit un lieu de partage et d’entraide est notre souhait.

    Nous l'avons réalisé sans prétention mais avec transparence et …les moyens du bord.

    Si par cette diffusion, nous pouvons aider l'un ou l'autre d'entre vous, ce nous sera grand bonheur.


    Il est dédié bien sur à nos aimés, Amélie et Rosario, qui nous ont tant appris et tant donné, mais aussi à tous les autres dont le départ, bien que douloureux, nous a permis de progresser spirituellement et d'acquérir notre relative sagesse d'aujourd'hui.
    Nous les avons " retrouvés " grâce à la transcommunication que nous avons tentée comme on jette une bouteille à la mer. Dieu merci, cet appel a été entendu.

     

     

     

    Ne dit-on pas que " ce qui ne nous tue pas nous grandit. "

    Le " hasard " nous a fait nous connaître pendant ce difficile parcours ; nous nous sommes épaulées à tour de rôle, d'où est née notre amitié. Qu'elle soit protégée !

    Les amis ont eu une grande place dans la vie d' Amélie et de Rosario; quelques jours avant la sortie de ce site, ils viennent de nous demander, par leur moyen habituel, de le rappeler.

    Ayez en vous la certitude que vos aimés invisibles sont toujours près de vous.

    Soyez attentifs ; ils n'ont de cesse que de vous envoyer des signes.

    L'amour ne se perd jamais, les gens qui s'aiment se retrouvent toujours, c'est notre conviction la plus profonde.

     2°    

     

     

     

    Le seul baiser qui compte vraiment pour l'Eternité,
    c'est celui qu'on donne aux Morts par la pensée. 
    (Abel Gance)

     http://www.melonic.be/j/

     

     


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  •  les cent suisses proposent de nouvelles conférences sur les sujets suivants alors venez nombreux visiter leur site et leur musée mobile 

     

     

     

     http://www.lescentsuisses.ch/sup%20Société%20secrete.htm

    Prochainement

                                                      

       Conférence sur L'ordre des Chevaliers Templiers            Conférence sur les Illuminatis

     

                                           

            Conférence sur la Franc-Maçonnerie                       Conférence sur Les Skull & Bones

     

      

    Conférence sur l'Opus Dei


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    Pendant plusieurs siècles, dans le Nord de la Franche-Comté, plus particulièrement dans le canton de

    Montbéliard, une femme, mi-fée, mi-sorcière, fut vénérée au moment de Noël. Il s'agit de la Tante

    Arie, dite aussi Fée Arie ou Tantairie.

    Les origines de "Arie" sont incertaines. Pour certains, il s'agirait d'une prêtresse druidique, la dernière

    fille des druides. "Arie" viendrait de l'adjectif latin "Aéria" (aérienne), la fée des airs. Elle se

    rapprocherait alors de l'épouse de Jupiter, surnommée "Aéria", présidant, comme lui, à l'air. D'autres

    font un rapprochement avec les personnages de la mythologie germanique, "Arie" venant de "Heer",

    "hari", "Heri", rappelant la Vro (Frau) Harre, Harren.

    Toutefois, pour la plupart, Tante Arie serait la réincarnation de Henriette de Montfaucon, comtesse de

    Montbéliard au 15e siècle. "Arie" est en effet le diminutif de Henriette. Or, la comtesse était une

    femme énergique ; maniant les armes à la perfection, elle protégeait ses sujets, tout comme Arie.

    Dans l'imagination populaire, cette idéologie prédomine sur la mythologie.

    Qui fut alors cette fée, très présente dans les esprits franc-comtois tout au long de l'année, et plus

    encore à Noël, période durant laquelle elle semblait se substituer au Père Noël ?

     

     

    caverne de tante arie dans le doubs 

     UNE VIEILLE FEMME DANS UNE CAVERNE

    Tante Arie est une vieille femme aux cheveux argent, mais à l'allure juvénile. Elle est, selon les

    légendes, de taille gigantesque. Edgar Coulon rapporte qu'à "Hérimoncourt, elle pose un de ses pieds

    sur le Mottrot, l'autre sur les Vieilles-Vignes, deux collines espacées de plus de quatre cent mètres".

    Tante Arie se caractérise également par ses dents de fer, la couronne de diamants qu'elle porte

     

     

    parfois sur la tête et ses pattes d'oie. Ce dernier signe distinctif aurait été découvert par une famille de

    Réchésy qui, voulant connaître son lieu d'habitation, répandit des cendres sur son lieu présumé de

    passage. Le lendemain matin, ils y découvrirent des empreintes en forme de pattes d'oie !

     

     

    Autre point caractéristique de Tante Arie : elle ne se déplace jamais sans son âne, qu'elle monte selon

    certains, qu'elle suit selon d'autres. Lorsqu'elle n'a plus besoin de lui, afin d'économiser ses forces,

    elle le transforme en broche pour sa cape.

    D'un point de vue vestimentaire, "Arie" est très différente des autres fées. Elle

    ne dispose en effet d'aucune baguette magique, et ne revêt jamais de

    somptueuses tenues. En été, elle porte le "diairi", le chapeau des

    Montbéliardaises, une jupe courte dite "frileuse", et chausse des souliers à

    boucles. En hiver, elle s'emmitoufle et s'encapuchonne dans une grande

    pèlerine. Elle fait alors davantage penser à une grand-mère.

    Ces vêtements lui permettent ainsi de résister au froid de son habitat. En effet, "Arie" logerait, selon

    les légendes, dans l'une des grottes suivantes :

    - la grotte de la Combe Noire, au sud du Blamont.

    - la roche dite de la Faira, à proximité de Beurnévesin.

    - "sous la terre qui sonne", à Etobon.

    - la grotte de la chaîne du Lomont.

    - la grotte de Milandre, creusée sous la roche qui porte les ruines de la tour du même nom, près de

    Boncourt.

    D'une grotte à l'autre, les légendes diffèrent. Ainsi, à Etobon, lorsqu'Arie fait boire son âne à la

    fontaine, elle est perçue comme étant la comtesse Henriette de Montbéliard. A Boncourt et à Delles,

     

     

    elle se métamorphose en "vouivre" pour se baigner dans des bassins d'eau claire. Tantôt sa broche

    (son âne) se transforme en escarboucle, tantôt l'escarboucle est représentée par la pierre précieuse

    qui brille sur son front. Daucourt rapporte également que la Fée Arie peut se transformer en serpent.

    Les pans de sa chemise représentent pour beaucoup des flocons de neige. Et elle disposerait d'un

    coffre rempli d'or.

    Si les légendes divergent autour de Tante Arie, personne ne met en doute ses qualités morales.

    UNE FÉE BIENFAISANTE

    Tante Arie est perçue comme une "fée au front serein, au coeur aimant, à la main libérale et

    caressante" (Croyances et traditions populaires recueillies dans la Franche-Comté, le Lyonnais, la

    Bresse et le Bugey / Désiré MONNIER, Aimé VINGTRINIER. Henri Georg, 1874. "La Tante Arie",

    p.43-46.). Elle se caractérise par sa bienveillance, son courage et sa bonté.

    Tante Arie est une ménagère laborieuse. Elle file sa quenouille sans jamais s'arrêter, montrant ainsi

    l'exemple aux jeunes filles. Présente à leurs veillées, elle promet des dons à la meilleure fileuse. La

    plus appliquée reçoit d'elle comme mari un homme vertueux et une bourse pleine d'or. Par ailleurs,

    elle punit les plus paresseuses en mêlant leurs quenouilles le jour de carnaval

     Tante Arie cuit également son pain et lessive son linge. Elle ne sort de chez elle, accompagnée de

    son âne, que pour visiter les fours à pains et les maisons hospitalières. Dans ces lieux, elle veille à

    l'ordre, au travail et à l'économie. Si les habitants se montrent hospitaliers, propres, ordonnés,

    travailleurs et économes, elle leur apporte alors des bienfaits. Arie a ainsi prêté son âne à une pauvre

    veuve qui avait vu périr le sien ; elle a recueilli dans sa grotte du Lomont un voyageur égaré mourant

    de froid, l'a réconforté, lui a servi un bon repas et l'a remis sur la route. Il lui arrive également de

    cuisiner des gâteaux pour les paysans aux champs, de terminer l'ouvrage des brodeuses fatiguées...

    De manière générale, elle donne aux plus pauvres le courage de supporter leurs pénibles conditions

    de vie, mais s'indigne de l'ingratitude de ceux qu'elle a contenté.

    La protection de Fée Arie est d'autant plus importante qu'on lui offre des dons. Ainsi, Arie est

    heureuse de découvrir devant sa caverne du pain et du lait ; la jeune fille en quête d'un galant ou d'un

    mari la sollicite en lui offrant une branche de gui.

    Arie représente également une fée pour les enfants. Quiquerez rapporte

    qu'à Beurnévesin et à Réchésy, on interdisait aux enfants de passer près de

    la caverne de la Faira "parce que la fée, qui avait des dents de fer, prenait

    les marmots, les mettait à califourchon sur son cou, leur tendait ses grandes

    mamelles pendantes pour les régaler de son lait, s'ils avaient été sages, ou

    bien les jetait à la rivière, s'ils se trouvaient méchants" ("La Fée Arie" / A.

    QUIQUEREZ. In, Actes de la société jurassienne d'émulation, 1879, p.141-

    147.). Plus généralement, il est dit que Tante Arie se penche sur le lit des

    enfants la nuit, leur recommandant d'être sages et studieux. S'ils l'écoutent,

    elle les récompense avec des cadeaux ; sinon, elle les punit avec une verge

    trempée dans du vinaigre.

    Arie est généralement vénérée : les adolescents aiment à s'identifier à elle, le temps d'une fête. Ainsi,

    "pendant la semaine qui précède Noël, les jeunes gens et les jeunes filles, déguisés en tante Arie et

    masqués, vont distribuer aux enfants apeurés des noix et des pommes. Généralement, on leur offre

    alors un petit verre d'eau-de-vie ou une tasse de café, dans l'espoir de les voir se démasquer" (selon

    un document inédit découvert à Clairegoutte). Pourtant, Tante Arie peut effrayer : après le coucher du

    soleil, on n'ose plus s'approcher de sa caverne ; elle sert d'épouvantail aux enfants criards ; elle peut

    jeter la malédiction du feu sur une maison.

    Ces craintes ne sont toutefois que passagères. Au moment de Noël, les avis sont unanimes : Tante

    Arie, distributrice de cadeaux, est appréciée de tous les enfants.

     

    UNE DAME NOËL EN FRANCHE-COMTE

    Au 19e siècle, le pasteur Roy fait de Tante Arie une distributrice de cadeaux. "Elle est chargée, aux

    fêtes de Noël, d'apporter les étrennes destinées au jeune âge. Elle arrive sous divers déguisements,

    s'introduisant tantôt par la cheminée, tantôt par quelque fenêtre entr'ouverte ou quelque porte entrebaîllée

    ou d'autres manières encore, tenant en main les cadeaux (vouèques, craquelins, noix, gâteaux,

    fruits divers, etc.) destinés aux enfants sages et dociles. Elle est aussi armée de verges pour les

    paresseux et les désobéissants. Les enfants n'oublient pas de placer sur la fenêtre ou de déposer sur

    l'âtre le sabot où la tante Arie doit laisser son présent." "La fée protectrice de l'enfance n'apparaît

    jamais aux regards des mortels. Elle approche montée sur son âne dont elle fait sonner de loin la

    clochette, et l'on peut entendre sa voix, qui prend des intonations différentes selon qu'elle est plus ou

    moins satisfaite ou mécontente de ses petits amis. A côté du sabot se trouve toujours une poignée de

    foin dont la bourrique fait sa pâture tandis que sa maîtresse s'occupe à la besogne. Celle-ci a avec

    elle une provision d'oreilles d'âne, dont une paire est destinée à chaque enfant sur le compte duquel

    elle possède des renseignements défavorables." (Us et coutumes de l'ancien pays de Montbéliard et

    en particulier de ses communes rurales / Charles ROY. Imprimerie Barbier, 1886. P.198-201).

    L'âne de Fée Arie est chargé de deux lourdes hottes chargées de présents, et porte autour du cou

    une clochette. Le tintement de la clochette annonce leur arrivée. Toutefois, alors que les enfants

    luttent afin de rester éveillés, espérant enfin voir Arie, ce son les fait sombrer dans le sommeil, de

    sorte qu'ils ne la voient jamais. A leur réveil, Arie a disparu, et les cadeaux (des friandises ou des

    jouets) sont à leur place, dans le sabot, pour la plus grande joie de chacun. Car en effet, Tante Arie ne

    prive jamais un enfant de cadeaux. Elle se contente de menacer les enfants désobéissants de ne rien

    leur laisser l'année suivante, ou leur laisse, à côté des cadeaux, des verges trempées de vinaigre ou

    des bonnets d'âne, en signe d'avertissement.

    Afin d'entretenir ces bonnes grâces de Fée Arie, dans chaque foyer, on prépare dans les chambres un

    petit autel pour chaque enfant. Le nombre de cierges disposés sur chaque autel correspond à l'âge de

    l'enfant. Garni également de bonbons et de gâteaux à l'intention de la fée, l'autel préfigure notre sapin

    de Noël. La botte de foin à disposition de l'âne est une autre des attentions portées par les familles à

    Arie.

    Les régions d'intervention de Fée Arie sont, selon les auteurs qui s'y sont intéressés, assez limitées.

    - En Haute-Saône, elle interviendrait à Clairegoutte et Hérimoncourt.

    - En Territoire de Belfort, elle serait attendue à Châtenois et Réchésy.

    - Dans le Doubs, elle traverse Montbéliard et son canton, et Blamont.

    - Les habitants de Bongol, Charmoille et Boncourt, dans le Jura Bernois, attendent sa venue.

    - Arie parcourt également quelques villages des Franches-Montagnes : Beurnévesin, Epauvillers et

    Les Bois.

    Par ces interventions à Noël, mais également tout au long de l'année, Tante Arie, qui n'a pourtant

    aucune équivalence dans la mythologie, ressemble à quelques personnages mythologiques.

    - Comme Frau Holle, elle vit dans une caverne, travaille le pain, récompense les bons et punit les

    méchants.

    - La fée allemande Berchta punit elle aussi les mauvaises fileuses.

    - Comme Saint-Nicolas, patron des enfants, Arie protège ces derniers.

    - La reine Berthe traverse, comme Arie, le pays en filant...

    Tante Arie ne semble pas descendre d'une divinité, mais bien davantage être une création autonome.

    "La figure de Tante Arie, légèrement contradictoire, reste un problème de mythologie difficile à

    résoudre." (Glossaire des patois de la Suisse romande / L. GUACHAT. Tome premier. V. Attinger,

    1924. "Arie", par TAPPOLET, p.608-609.) Personne ne peut dater précisément son apparition, alors

    que sa disparition est constatée par Célestin Hornstein. Selon lui, à la fin du 19e siècle, Tante Arie

    n'existe plus, même dans la mémoire du peuple. Les fées "ne daignent plus se révéler à nous avec

    leurs bonnes grâces d'autrefois. Nos moeurs nouvelles les ont éloignées en détruisant le prestige qui

    les entourait et en dépopularisant ces gracieuses fictions qui faisaient la joie de notre première

    enfance. Nous ignorons l'époque précise de la substitution de Saint-Nicolas à la Tante Arie, mais quoi

    qu'il en soit, le souvenir de la bonne fée était encore vénéré en Ajoie du temps de la grande

    Révolution." ("La Saint-Nicolas dans le Jura" / Célestin HORNSTEIN. In, Actes de la société

    jurassienne d'émulation, 1889, p.235-236.)

    Aujourd'hui, Tante Arie semble avoir ressuscité dans nos mémoires. Bien que

    ce soit le Père Noël qui distribue les cadeaux la nuit du 24 décembre, certaines

    municipalités de Franche-Comté font revivre la légende. Ainsi, le Musée du

    Jouet lui a consacré une exposition en 1997. A cette occasion, petits et grands

    ont été invités à dessiner Tante Arie telle qu'ils se l'imaginaient. Tante Arie est

    également réapparue dans le contexte des animations de "Noël au Pays du

    Jouet" en 2000. Et surtout, chaque année, à Montbéliard, Arie apparaît du 1er

    au 24 décembre, dans le cadre du marché de Noël.

     

     

     

     

    POUR EN SAVOIR PLUS
    Traditions populaires : les mois en Franche-Comté / Charles BEAUQUIER. Paris, 1900. "Décembre",
    p.136-137.
    Contes et légendes du Pays comtois / André BESSON. 1997.
    Contes et légendes du Pays de Montbéliard : "la tante Arie" / Alfred FOCT. Ed. Rayot-Depoutot.
    Franche-Comté, pays des légendes / Gabriel GRAVIER. Tome 1. Ed. Marque-Maillard. "La tante Arie",
    p.86-89.
    Glossaire des patois de la Suisse Romande / L. GUACHAT. Tome premier. V. Attinger, 1924. "Arie",
    par TAPPOLET, p.608-609.

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