• la clé symbolique et le trousseau fantastique

     

     

     
     
     



     

     

     

     

    Symbole double, ouverture et fermeture, la clé a à la fois un rôle d'initiation et de discrimination. La clé ouvre la voie initiatique. Le pouvoir des clés est celui qui permet de lier et de délier, d'ouvrir ou de fermer le ciel. Selon la terminologie alchimique, c'est le pouvoir de coaguler et de dissoudre.














    Maguelone_Janus_2La clé d'or et la clé d'argent furent les emblèmes de Janus, le dieu romain, gardien des portes. Ces clés ouvraient entre-autres, les portes solsticiales, c'est-à-dire l'accès aux phases ascendante et descendante du cycle annuel qui trouvent leur équilibre aux équinoxes. Janus était considéré comme le guide des âmes (d'où son double visage : l'un tourné vers la terre et l'autre vers le ciel). Janus garde toutes les portes et gouverne toutes les routes. Le double aspect du pouvoir (diurne et nocturne) de la clé correspond à l'autorité spirituelle et aux fonctions royales dont le but respectif est, selon Dante, l'accession au paradis céleste et au paradis terrestre. La clé est aussi symbole du chef, du maître, de l'initiateur, celui qui détient le pouvoir de décision et la responsabilité.








    Maguelone_cl_sElle est donc aussi l'attribut de saint Pierre qui ouvrait et fermait l'accès au Royaume des Cieux. Selon la terminologie hermétique, la clef est reliée aux Grands Mystères et Petits Mystères. Dans les contes et légendes, elles marquent les étapes de la purification et de l'initiation.



     

     

     

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    La symbolique de la clé.

     

    La symbolique de la clé prend racine dans l'ancienneté de ses origines, dans le caractère fondamental des aspirations auxquelles répond son invention, puis son usage. Signe de droit, signe de sécurité, signe de communication, la clé est un symbole fort aussi bien au niveau du langage qu'à celui de la peinture ou de la sculpture. Le geste par exemple, de la remise des clés, manifeste autant l'acte d'allégeance d'une cité que l'acte de transfert d'une propriété.

    La clé, signe de droit.

    Droit de régner, droit de posséder, droit d'agir, d’exister… Les dieux des civilisations antiques détiennent les clés des Portes du Jour qu'ils ouvrent à chaque retour de l'aube. Les divinités souterraines ont également pouvoir sur l'accès au redoutable Hadès. Janus, avec ses deux faces, exerce sa puissance divine sur les portes de la ville, de la demeure, de l'année. Janvier, qui ouvre l'année, lui doit son nom. Tout comme le "janitor", le portier anglais. Le maire présente au suzerain ou au notable en visite les clés de la ville. Ce geste revêtit un ton plus pathétique lorsque les Bourgeois de Calais, en chemise, corde au cou et clé de la ville en mains, rendirent la cité à Edouard III d'Angleterre.

     

     

    Le pouvoir des clés c’est le droit de lier ou délier, c’est à dire d’absoudre ou de condamner accordé par Jésus aux apôtres. La Bible donne à la clé son sens le plus spirituel avec la promesse du Christ à Pierre : "Je te donnerai les Clés du Royaume des Cieux". Les clés de saint Pierre délèguent au peuple élu le pouvoir de Javeh.

     

    Au 18ème  siècle les clés des chambellans, chargés du service de la chambre de nos souverains, était la marque honorifique et distinctive de leur dignité. Dans le droit ancien, « laisser ses clés à la justice » signifiait que l’on cédait ses biens à ses créanciers. De nos jours la pratique commerciale du "clés en main" permet au promoteur immobilier comme au vendeur de voitures de symboliser le transfert de propriété.

     

    La clé, signe de sécurité.

    Le propriétaire calme son inquiétude en mettant un objet sous clé, gage de sécurité. De même, dans l'éducation d'antan, la sécurité de l'autorité parentale s'affirmait-elle en enfermant à clé un enfant dans sa chambre. La maîtresse de maison porta longtemps à sa ceinture le trousseau de clés, preuve de sa vigilance matriarcale et rappel à l'obligation alimentaire de l'époux. La veuve médiévale se libérait des dettes du mari en plaçant une clé sur le cercueil du conjoint décédé.Au temps des villes fortifiées on a fermé à clé les portes des mursd'enceinte afin de permettre aux citadins de dormir en paix. La clé dans le dos a même encore de nos jours une valeur  thérapeutiquedans le soin du hoquet.

    La clé, signe de communication.

    La clé désigne aussi ce qui permet de comprendre, d'interpréter : avec 

     

    «la clé du problème » «la clé du mystère »,  nous pourrons ainsi découvrir une vérité cachée. Tout comme dans ces "romans à clés" qui posent au lecteur curieux d'impertinentes devinettes sur l’identité réelle des personnages. La  "clé des songes" devrait nous permettre quant à elle d'interpréter les messages du subconscient au conscient. Et «la clé des champs »  nous donner la liberté d’aller où nous voulons. 

    La clé désigne ce dont dépend le fonctionnement de quelque chose : ainsi les "industries clés", comme l'automobile ou le bâtiment, dont notre pays est dépendant économiquement.

    La clé c'est également l'outil qui sert à serrer les écrous : "clé de 12, ou de 14..."

    La clé c'est encore la prise immobilisante de judo ou de lutte.

    En musique, « la clé de sol » (ou de fa, ou d'ut) désigne le signe placé au commencement de la portée pour indiquer l'intonation. La clé c'est aussi ce qui commande les trous du tuyau d'un instrument à vent.

    En architecture, la "clé de voûte" est la pierre centrale d’une voûte ou d’un arceau et qui, placée la dernière, maintient toutes les autres. C’est aussi le point essentiel sur lequel repose un système ou une théorie.

     

     

     

     
     
     
     
     
    Clef de saint Hubert
     
    Photo : Philippe Joris, 2001.
    La clef de saint Hubert est une des pièces majeures, avec le triptyque de la vraie Croix, du trésor de la collégiale Sainte-Croix à Liège.
    Suivant la tradition, la clef aurait été donnée à saint Hubert, lors de sa visite à Rome en 722, par le pape Grégoire II et contiendrait une parcelle de la chaîne de saint Pierre. Cette clef symbolique servait à ouvrir la porte de la crypte de la basilique vaticane renfermant le tombeau du premier pape.
    Elle est en bronze coulé et n'aurait de primitif que la poignée. Le panneton, la tige et le noeud sont de l'époque romane.
    Suite à des analyses au cyclotron, certains chercheurs ont émis l'hypothèse selon laquelle la poignée serait du XVIe siècle. La question reste posée...

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