• le baphomet

     

     

     le Baphomet : l'idole des Templiers

    Etude par D. Castille

    Nous avons constaté à la lecture des textes relatifs au procès des templiers que les frères des différentes maisons du Temple, soumis à la torture physique, avouèrent "spontanément et sans contraintes" tout ce que les gens du roi attendaient d’eux.
    Si toutes les dépositions semblent se recouper, il est un point sur lequel les descriptions divergent (et pour cause!) qui est celui de l’apparence prêtée à l’idole des idoles, le Baphomet. Si les descriptions nous semblent parfois fantaisistes, elles sont pourtant assez proche de la vérité.

    Beaucoup de frères vont déclarer n’avoir jamais vu cette idole ou "tête barbue" que les maîtres sortaient à l’occasion des grands chapitres, ce qui ne nous surprend pas. Seuls quelques-uns avoueront avoir vu l’idole, déclareront l’avoir parfois palpée, mais le plus souvent ils tenteront de se sortir d’affaire en déclarant s’être évanouis à la vue de cette "monstruosité".

     

    ordre du Temple a Paris

    Une chose est certaine, la "tête" a bien existé, sous une forme ou sous une autre (une reproduction), et les Templiers qui déposèrent n’ont pas menti, seulement, le cérémonial, qui devait être assez spécial au moment de la présentation, l’émotion, mais aussi le secret demandé, l’atmosphère ont, en quelque sorte, déformé la réalité en fantasmagorie, en hallucination quelque peu collective. Pour preuve, l’insistance avec laquelle l’inquisiteurGuillaume de Paris se mit à la recherche de cette "idole qui est en forme d’une tête d’homme à grande barbe; " il n’aurait pas donné les ordres conséquents à ses sbires pour des "aveux" s’il n’avait pas été lui-même persuadé de l’existence de cette tête démoniaque.

    Il faut reconnaître que l’histoire de cette "tête- idole" ressemble par son côté mystérieux à celle du trésor du Temple. On en parle beaucoup et on n’en voit pas l’ombre même de son ombre.

    Au moment de la grande arrestation des templiers qui eut lieu le même jour dans tout le royaume, les gens du roi, s’ils ne trouvèrent point d’or à foison, ne trouvèrent pas plus d’idoles monstrueuses dans les commanderies, maisons ou fermes. C’est à croire que les Templiers avaient été informés de cette "descente" des gens d’armes !

    Seul Guillaume de Pidoye, administrateur des biens du Temple à Paris, sommé de présenter à la Commission toutes les idoles de métal ou de bois, ne pourra en montrer qu’une, connue de tous les chercheurs, le fabuleux "Caput LVIIIm", un grand chef d’argent ayant figure de femme, un reliquaire à l’intérieur duquel on trouva les os de l’une des onze mille Vierges !

    Mais qu’était cette idole qui devient vite le centre d’intérêt des recherches de la Commission pontificale ou de celle du roi et qu’on appelait: Baphomet ?

     

    • Pour Ernest Babelon, dans la Grande Encyclopédie (tome 5 pages 307 et 308 ), le Baphomet doit se regarder comme étant un objet exécuté par les membres d’une société secrète d’origine kabbale ou Gnose.
       
    • Pour Ulysse Chevalier, c’est une tête que les Templiers étaient censés adorer et dont Hammer a retrouvé plusieurs échantillons représentatifs dans le Cabinet des Antiquités du muséum impérial de Vienne. C’est cette découverte et les caractères empruntés aux Gnostiques et retrouvés dans la Franc-maçonnerie qui inspire la thèse gnostique des Templiers remettant leur savoir aux Francs- maçons.
       
    • Pour Hammer-Purgstall (Joseph de), dont nous parlerons des travaux un peu plus loin, dans l’histoire des Templiers, il faut comprendre que Bahumed ou Bahumet était l’une des formules occultes des Gnostiques et dont ils se servaient pour rendre hommage à l’idole en forme de veau (sic) dans leurs assemblées secrètes. Les Templiers auraient, en outre, acquis quelques connaissances des hiéroglyphes en Syrie. Baphomet dériverait de Baphomêtides ou Baptême de la Sagesse ou encore de la Sophia des Ophites.
       
    • Sylvestre de Sacy soutenait qu’il s’agissait d’une altération du nom de Mahomet, basant son argumentation sur le mot Bahomerid signifiant mosquée.
       
    • D’autres chercheurs, en décomposant le nom Baphomet, arrivèrent à l’explication: Baphé = baptême et Meteos = initiation, ce qui pouvait aussi évoquer une initiation par le feu.
       
    • Victor Emile Michelet assura qu’il s’agissait d’une formule abrégée: "TEMpli Omnium Hominum Pacis ABbas" qui, lue à l’envers donne le mot BA.P.H.O.MET.
       
    • Pour Albert Ollivier, il est curieux que personne n’ait songé à rapprocher le Baphomet de Bapho, un port de Chypre, car, dans les temps reculés, Bapho ou Baffo avait eu un temple consacré à Astarté, à la fois Vénus et Lune, Vierge et Mère et qu’on vénérait sous la forme d’une Pierre Noire, avec les sacrifices d’enfants qui s’imposent dans tout rite un peu païen (ce qui n’est pas sans rappeler les rumeurs pseudo-gnostiques qui accusaient les Templiers de faire rôtir les enfants afin d’en recueillir la graisse qui servait à la fabrication de baumes protecteurs.)
       
    • Albert Ollivier souligne aussi que "c’est un sergent du Mont-Pezat qui s’accusa d’avoir adoré une image baffométique" alors qu’on ne lui demandait rien de cela. En langue d’Oc, ces propos signifiaient qu’il avait adoré une image de Mahomet. C’est sans doute la première fois où fut mentionnée l’idole dans le procès et dont l’existence deviendra une quasi réalité aux yeux des différents inquisiteurs.
       
    • Pour V.E Michelet (Dossier de l’Histoire n° 17), "l’esprit grossier des inquisiteurs" ne pouvait voir dans le Baphomet que le Diable. Il reprend la forme TEMpli Omnium Hominum Pacis ABbas qu’il explique comme étant "la configuration sculpturale d’un arcane, figure qui, sous des formes variées, recouvre de ses grandes ailes les frémissements intérieurs de son secret. C’est le Kheroub d’Assyrie et d’Israël, le Kharouf arabe, le Sphinx de l’Egypte et de la Grèce, c’est le pentacle fondant en une seule figure les quatre animaux divins qu’accompagnent les quatre évangélistes et qui supportent le trône du Dieu de l’Apocalypse." (Nous sommes ici, dans le pseudo-gnosticisme).
       
    • Les chercheurs modernes voient dans le diable "d’esprit baphométique" du portail de l’église Saint-Merri de Paris, une représentation androgyne qui fait songer aux "noces chimiques", à l’androgynie primordiale, etc.
       
    • Pour l’incontournable Gérard de Sède, il faut plutôt voir la traduction: "Teinturier de la lune" dans Bapheus Mété, et dans ce cas, nous explique Charpentier qui soutient lui aussi cette interprétation, il faudrait lire dans "in figuram baffometi" du frère Gaucerant (qui n’est autre que le sergent de Mont-Pezat):" à la manière des Teinturiers de la Lune", ce qui, en Alchimie, désigne le Grand-Oeuvre, la transformation de l’argent en or.
       
    • Louis Charpentier, après avoir passé en revue les différentes interprétations, dit qu’au Moyen-Age, de telles figures étaient connues sous le nom de "têtes enchantées" réputées animées par le Diable lui-même et que le peuple les nommaient "têtes de Mahomet". Le pape Sylvestre II (Gerbert d’Aurillac, ancien évêque de Reims) en aurait possédé une, une sorte d’automate savant, tout comme la petite histoire rapporte que Albert le Grand en aurait possédé une lui aussi. Le sorcier El Ghirby, du Caire, aurait eu en sa possession une telle tête qui, sous l’influence d’un esprit, rendait des oracles.
       
    • Enfin, pour Henri Sevin, le titre de son livre parle pour lui: "L’énigme des Templiers et le Saint-Suaire." C’est, à ma connaissance, le seul chercheur qui, comme moi, relie ces deux éléments. Aurait-il eu accès à quelque renseignement d’importance ? L’avenir nous le dira.
       

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     Cette étude s’inspire des objets et figures considérés comme appartenant bien au XIII° siècle et qui montrent que les Templiers avaient bien eu connaissance d’une gnose orientale dont ils s’étaient inspirés pour certains rites à caractères ophites.

    Il basait cette certitude, de l’étude des coffrets de M. le duc de Blacas, découverts en Bourgogne et plus connus sous l’appellation de coffrets de l’Essarois.

    Le coffret qui nous intéresse est en pierre calcaire, sa longueur est de 23 centimètres, sa largeur de 17 centimètres et sa profondeur de 11 centimètres environ. Le couvercle a, quant à lui, une épaisseur de 6 centimètres. C’est un objet assez solide.

    Interrogé, un ancien Templier, John de Donigton, déclara qu’à sa connaissance, certains Templiers transportaient des idoles (baphomet) dans leurs coffres.

    Gilbert de Encreyo va parler d’un "chat" qui serait apparu aux Templiers, non seulement durant les chapitres, mais aussi pendant les combats en Orient. D’autres frères confirmeront cette apparition ou présentation du "chat" lors de réunions secrètes ou lors des grands chapitres, comme ceux tenus à Nîmes ou Montpellier.

    Cette histoire de "chat", bien particulière, nous prouve que les frères-templiers ont vu quelque-chose de peu banal; sur les côtés du coffret de l’Essarois, on peut en effet voir une série de personnages célébrant des cérémonies difficilement interprétables, dont l’une des scènes, plus particulièrement, montre, d’un côté un crâne humain au bout d’une pique, et de l’autre côté un personnage androgyne adoré par deux initiés qui portent des masques de chat.

    Décrivons succinctement le couvercle. On observe un personnage nu, androgyne, à corps de femme et à tête d’homme, portant une coiffe qui rappelle celle de Cybèle. Il tient à bout de bras des chaînes qu’on peut qualifier d’éoniques, avec dans la partie supérieure, de part et d’autre, le soleil et la lune inversés, et dans la partie inférieure, sous les pieds, une tête de mort encadrée de deux représentations, l’une qui semble être une étoile et l’autre un pentacle. Des "signes" suggèrent une écriture arabe.

    L’androgyne que l’on observe sur le couvercle du coffret de l’Essarois est souvent reproduit, par les historiens, pour tenter d’expliquer le mysticisme que l’on prête parfois aux Templiers. Souvent, pour ne pas dire toujours, cette représentation de l’idole est montrée imberbe, comme si le corps justifiait la tête couronnée. Même Hammer-Purgstall représente son idole, imberbe, évacuant du même coup (chose étonnante quand on y réfléchit) le fait même de l’androgynie gnostique à la base de son étude !

    La barbe est attestée et, dans la monographie consacrée à l’étude du coffret de M. le duc de Blacas, Mignard (1852) reproduit, pour preuve définitive et sans appel, la lettre de M. le duc de Blacas à qui il avait demandé une vérification, ceci pour lever définitivement tout doute.Voici la réponse que fit M. le duc de Blacas:

    "Voilà ce que m’écrit, à ce sujet mon frère qui s’est chargé de cette vérification: "Il est évident pour moi que la figure en question est barbue; elle est bien usée, il est vrai, mais la lithographie la rend mal, et en la voyant, on peut mettre en doute l’existence d’une barbe, ce qui justifie bien son androgynie." - Je regrette vivement que votre lettre ne me soit point parvenue avant mon départ de Paris; j’aurais peut-être pu vous envoyer une empreinte ou un calque, ce qui aurait éclairci tous vos doutes."

     

     

     

    Le 1° juin suivant, M. Mignard recevait de la part de M. le comte de Blacas qui avait bien voulu se charger de ce soin, pour M. le duc de Blacas, une boîte contenant la reproduction en plâtre, moulée sur le couvercle même, de l’image. Une lettre était jointe qui disait, entre autres choses:

    "Vous avez parfaitement jugé que la figure gnostique du coffret d’Essarois devait être barbue, et un examen un peu sérieux ne permet le moindre doute à cet égard, et c’est ce que le dessinateur a négligé de faire..."

    La monographie de monsieur le duc de Blacas va s’attacher ensuite aux noms des Templiers repris dans la collection des Documents inédits de l’Histoire de France. Notons-en ici quelques-uns:

    • Pierre Régnier de Larchent, diocèse de Sens;
    • le chevalier Guillaume de Giac, diocèse de Besançon;
    • frère Gaucher; Guillermey de Harbley, aumônier de la maison du roi;
    • frère Jean-Denis de Taverniac qui vit la "tête" six fois dans six chapitres différents tenus par Guillaume de Beaujeu, grand- maître et Hugues de Peraudo après lui;
    • Arnold de Goërte, diocèse de Sainte;
    • Guillaume d’Harbley;
    • Antoine de Verceil;
    • Hugues de Faure;
    • Pierre de Bonnefond, du diocèse de Clermont;
    • Hugues de Bure, diocèse de Langres;
    • frère Jean de Turn, trésorier du Temple de Paris qui parle d’une tête peinte sur un tableau; 
    • Jean d’Anisiac qui déclara avoir vu, par deux fois, Gérard de Villers porter quelque chose qu’il n’avait pas bien discerné car l’assemblée n’était éclairée que par un cierge; 
    • le frère Hugues qui déclara que les Principaux de l’Ordre s’adonnaient à l’occulte. 
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    Les Documents disent aussi que les chapitres de l’Ordre avaient lieu, secrètement, la nuit ou tôt le matin.

    "Quand ils tiennent un chapitre, ils ferment toutes les portes de la maison du Temple et toutes celles de l’église, et ils les ferment avec tant de soin, que personne ne peut ni les voir, ni les entendre, ni avoir accès près d’eux."

    Matter affirme que les Templiers tenaient des copies de ces têtes ou idoles dans leurs coffrets et ceux-ci, qu’ils soient de Toscagne ou de Bourgogne, sont en conformité manifeste entre eux, en conformité avec les mystères gnostiques ophites.

    Ces coffrets, pour M. Mignard "offrent bien la déposition historique la plus complète qu’on puisse apporter contre l’Ordre célèbre (...) et ils offrent de plus, la preuve indubitable de l’affiliation de cet ordre au gnosticisme...".
    Il ajoute "qu’on ne doit point s’étonner qu’un tel monument ait été recueilli dans une retraite voisine de la maison du Temple de Voulaine, prieuré d’une haute importance, qui ne relevait lui-même que du grand prieuré de Champagne, et qui était un siège de ces grands chapitres généraux où l’idole apparaissait à certains jours comme un complément de la plus haute initiation dans les mystères de l’Ordre."

     

    Voyons ce que dit une des lettres de Madame le comtesse Victorine de Chastenay, propriétaire du château de l’Essarois dont parle M. Mignard.

    -"Le coffret dont vous vous occupez a été acheté à Dijon, chez un marchand de curiosités, par M. Rollin, changeur à Paris, et a été vendu ensuite par ce dernier à M. le duc de Blacas. Le coffret portait pour toute inscription: "Trouvé dans la terre de la Cave, appartenant à M. le marquis de Chastenay." Vous savez, monsieur, quel est à Essarois le lieu qu’on nomme la Cave **: c’est là qu’ont été recueillis les débris de sculpture que vous avez examinés. On peut bien croire qu’à l’édifice païen dont nous avons retrouvé les fragments et constaté la place, ont, après neuf ou dix siècles, succédé des constructions possédées par les Templiers. Voulaine, Bure étaient à eux; ils ont eu à Courban des propriétés. Je trouve dans nos papiers de famille les traces des ventes ou échanges avec les Templiers dans ces diverses contrées. C’est au commencement de 1789 que mon père chargea des ouvriers, employés déjà par les chartreux de Lugny, de quelques travaux à Essarois; c’était à la contrée de la Cave qu’ils devaient trouver les pierres dont ils avaient besoin. J’ai su depuis qu’ils avaient tiré des fouilles qu’ils y avaient faites quelques objets qui parurent sans aucun prix, et sans doute le coffret en aura fait partie. Continuez, monsieur, vos travaux et vos recherches; vous avez certainement une grande page d’histoire à créer, etc."

    C’est le texte exact de la lettre adressée à M. Mignard par Madame la comtesse de Chastenay le 3 mars 1851.

    communication faite par M. de Barthélémy sur un travail de M. Flouet résidant à Nîmes dans le bulletin de la Société Nationale des Antiquaire de France 1870

    "J’en ai inutilement recherché les autres débris pour en tenter la reconstitution. Son vaste foculus, ses cornes en forme de tores largement évidés, le simple biseau par lequel sa table de couronnement se raccorde au dé, permettent de se faire une idée assez nette de ce qu’il était dans sa partie supérieure. Malheureusement on ne peut rien pressentir de la partie moyenne et de la base. Une ou plusieurs de ses faces portaient-elles une inscription ou quelque sculpture ? On est tenté de le croire en remarquant que c’est évidemment contre la partie centrale qu’ont été particulièrement dirigés les coups des démolisseurs, et leur fureur dévastatrice nous a peut-être ainsi privés de quelques révélations précieuses pour l’histoire des croyances ou des coutumes des anciens habitants de la contrée.
    "Je ne saurais parler de cet autel sans faire ressortir, au moins pour ce qui en reste, sa grande analogie avec le bel autel orné de figures qui a été recueilli à quelques lieues de là, dans l’enceinte des thermes de Vertillum près de Laigues."

     

      


     La philosophie religieuse des Templiers, ou plutôt de ces Templistes que l’on soupçonne d’avoir créé un ordre dans l’Ordre avec ses grands maîtres occultes, s’apparente au gnosticisme, point de départ d’une philosophie religieuse chrétienne qui inquiéta Rome en son temps.

    De leurs séjours en Orient, des contacts noués avec les savants "infidèles" ou avec des sectaires plus ou moins ésotéristes, les Templiers ont ramené des bribes d’un enseignement jusque là inconnu en Occident.

    Avec ces idées nouvelles et certaines mesures réputées étranges, quelques frères vont parfaire leurs implantations territoriales et bâtir certaines maisons, églises ou commanderies. Est-ce d’une théorie zoroastrienne qu’ils vont tirer l’essentiel de leurs idées nouvelles ?

    Matter, qui utilise le mot syncrétisme pour cette nouvelle philosophie, pense que le gnosticisme "introduit dans le christianisme des spéculations cosmologiques et théosophiques des anciennes religions orientales: philosophie de Platon et de Philon, Zend Avesta, tradition des Mystères de Samothrace, d’Eleusis et de l’Orphisme." (Dictionnaire des religion-Gnosticisme).

    Des érudits vont rattacher les templiers à la Samarie (entre Jérusalem et Nazareth) lieu origine de la Gnose chrétienne, faisant du même coup apparaître Simon le Mage, le rival du Christ, essénien sans doute et possédant des dons paranormaux à l’instar de son "homologue" précité ***.

    Bousset (1907) va ouvrir, quant à lui, une voie « orientalisante» et dégager clairement l’influence iranienne, à savoir le dualisme radical (le manichéisme), un dualisme mitigé qu’on retrouve dans le mithriacisme et le dualisme baptiste.

    A l’époque templière, on ne peut vraiment plus parler de Gnose. Celle-ci s’est délitée dans le courant de l’Histoire en de multiples philosophies sectaires. Seules deux mouvances sont encore proches des racines babyloniennes et de la mythologie astrale, le manichéisme et le mandéisme. On y retrouve encore les "émanations", les ténèbres, la lumière, l’ascension de l’âme, les sept cieux, les sept archontes, etc.

    Ces quelques détails typiques, nous les retrouvons dans les dépositions des frères templiers.

    L’hermaphrodisme était le symbole de la force plastique et de la force reproductrice et il n’est donc pas étonnant que certaines sectes gnostiques aient fait de la Terre ou de Cybèle, un même EON que la SOPHIA. (Prendre connaissance de la "Chronique des derniers païens" de Pierre Chuvin. Fayard 1990 et 1991. 2° partie, XIII, page 193, la dernière ronde des dieux.)

    *

     

     

     

    Au II° siècle, Bardesanes, de la ville d’Edesse, appartenait à la secte gnostique valentinienne. Dès son retour d’Inde, il donne la description de Brahma, dont nous ne retiendrons que le tout début, qui s’accorde avec notre recherche: 
    "Le dieu créateur, sous la figure d’un hermaphrodite avait à sa droite le soleil et à sa gauche la lune..."
    .
    C’est, à ne pas y croire, la représentation qui figure sur le coffret de l’Essarois!

    Saint Irénée, très au fait du gnosticisme simonien ou valentinien, s’attaque à la doctrine lorsque le danger de l’hérésie entreprit de remonter la vallée du Rhône. Il réfuta l’erreur de Basilide, le prédécesseur de Valentin, et démontra l’absurdité du système philosophique compliqué de celui-ci. La doctrine était en effet basée sur l’existence de 365 cieux, mais aussi sur la guématrie. Comme un lecteur curieux peut retrouver aisément l’essentiel de cette doctrine compliquée dans tout bon dictionnaire de théologie, nous ne développerons pas plus avant celle-ci.

    Saint Jérome, quant à lui, a soupçonné une relation intime de cette doctrine avec le culte oriental de Mithra, car, disait-il: " Basilide appelle le Dieu tout puissant du nom monstrueux d’Abraxas et il prétend que, selon la valeur des lettres grecques et le nombre des jours du cours du soleil, Abraxas se trouve enfermé dans son cercle. Le même, selon la valeur d’autres lettres est appelé Mithras par les Gentils". Mithra(s) et Abraxas, identifiés à Jésus comme Soleil de Justice, cela plût énormément aux Basilidiens et aux successeurs.

    L’Abraxas est aussi connu des Antiquaires sous le nom de pierre basilidiennes. Ces pierres sont appelées ainsi car elles portent souvent le mot ABRAXAS, mais aussi MIT(H)RA ou le célèbre ABRACADABRA.
    Elles sont aussi gravées d’images étranges, de figures bizarres et zoomorphes, symboliques comme l’Abraxas à tête de coq, buste humain et jambes serpentiformes. Tous ces Abraxas sont monstrueux et tous portent un message indéchiffrable, des signes "cabalistiques", des allusions à des rites ou des croyances ésotériques. C’est certainement là un langage d’initiés ou un ancien et gigantesque canular.
    Ces Abraxas seraient des talismans et étaient donc dédiés à telle ou telle autre divinité protectrice, et parfois un sceau, comme celui (semble-t-il) d’André de Coloors, précepteur du Temple en France de 1208 à 1219, portait la représentation du Temple de Salomon tandis que le contre-sceau portait l’Abraxas.

     

     

     

    Voilà donc ce qui devait être dit sur les rites secrets des Templiers, les relations qu’ils durent entretenir avec les Gnostiques, le message qu’ils véhiculèrent sous le symbole du Baphomet ou de l’Abraxas à tête de coq et aux jambes serpentiformes.

    D. Castille

     

    C’est M. Héron de Villefosse qui fit connaître en 1900 ces deux représentations dites du baphomet templier que les membres de l’Ordre du Temple aurait révéré lors d’assemblée secrètes, lui rendant hommage avec des formules mystérieuses.

    fig. A

    "Haute de Om 136, la figure en question est debout sur une petite base très étroite, les deux bras pendants et collés le long du corps; le relief du corps est indiqué légèrement par devant. La tête est celle d’un veau, munie de poils en arrière, ornée de chaque côté de cornes pendantes et adhérentes au crâne dans tout leur développement.Le torse est celui d’un homme, avec l’indication de son sexe. Les jambes sont entièrement garnies de poils et terminées par des pieds fourchus (voir le croquis A de la face antérieure)."
    Le revers de la figure est plat. 
    Un peu au-dessous de la ceinture se déroule une bande d’étoffe qui emprisonne les deux poignets, plaqués le long du corps, comme pour les maintenir dans cette position; mais elle ne revient pas en avant sur le ventre. 
    Cette bande d’étoffe porte une inscription en relief qui semble incompréhensible:

    "Une seconde inscription du même genre est tracée au milieu du dos et dans le sens de la hauteur de la figure; elle est aussi en relief:


    fig. B

    "On dirait, cependant, que le faussaire a voulu indiquer ici une date (anno domini ?) MCLVI = "1156" [Héron de Villefosse écrit 1158], date qui correspondrait à l’époque de la puissance des Templier (voir croquis B de la face postérieure)."

    Ce curieux monument est à rapprocher de deux autres figures toutes aussi curieuses. La première de ces deux autres représentations porte inscrit le mot baphomets au dessous du socle; l’idole a la tête et les extrémités inférieures d’un bélier, le corps est celui d’un homme. Ce petit monument est répertorié dans le catalogue des antiquités de l’abbé Campion, 1819, et mesure 0m 135.

    La seconde statuette aurait été apportée de Grenoble venant du Piémont. La provenance paraît douteuse, voire aussi fausse que peut l’être cet exemplaire du baphomet. Il est cependant certain que la fabrication de cette statuette remonte au début du XIX° siècle, vraisemblablement à l’époque où parut le pamphlet de Hammer contre les Templiers, Mysterium Baphometi revelatum seu Frater militae Templi, qua Gnostici et quidem Ophiniani apostasiae, idoloduliae et impuritatis convicti per ipsa eorum monumenta auquel répondit Raynouard dans le Journal des Savants, 1819 (Héron de Villefosse).

    Il existe bien d’autres statuettes quasi identiques, du style barbare et attribuées aux Sardes. Toutes ont un faciès bestial; certaines de ses statuettes sont porteuses de caractéristiques féminines et une ceinture entoure leur taille. On découvre sur les unes des inscriptions, sur d’autres des motifs ornementaux différents (coquilles, coiffes, jupons, cornes, etc.) mais toutes sortent vraisemblablement du même atelier.

    C’était l’époque du renouveau templier, il fallait aider quelque peut cette résurrection.

    L’Ordre du Temple tenta, au début du XIX° siècle, de retrouver son autonomie et, pour cela, de hautes personnalités, issues très certainement du gouvernement impérial, encouragèrent une résurrection, sinon tout à fait secrète, du moins assez discrète.

    En encourageant ainsi ce renouveau templier, dont on assure que Napoléon en fit partie dès 1805 (Maillard de Chambur, Règle et Statut secrets des Templiers. Grégoire, Histoire des sectes religieuses. O de Lavigerie, L’Ordre de Malte depuis la Révolution française), le gouvernement impérial espérait se soustraire aux influences russe et anglaise.
    En 1805, l’Ordre du Temple, rénové, se sentit assez puissamment structuré pour s’affirmer à nouveau dans le siècle. Il fut alors décidé de proclamer sa résurrection et son existence réelle.

    Le 28 mars 1858,jour anniversaire de la mort brutale du dernier grand maître Jacques de Molay, un service solennel fut célébré dans l’église Saint-Paul et Saint-Antoine de Paris, en présence d’une foule nombreuse composée plus de curieux que de gens pieux.
    En effet, le spectacle en valait la peine et la nef à elle seule imposait le déplacement. Elle était entièrement tendue de blanc et décorée de croix rouges du Temple. Dans le choeur s’élevait le cénotaphe de Jacques de Molay, orné des insignes de son rang (grand maître de l’Ordre du Temple) et des Palmes dites triomphales. Les chevaliers et les délégués de la garnison de Paris l’entouraient, en tenue de deuil.
    L’Absoute (absolution solennelle) fut donnée par l’abbé Clouet, chanoine de Notre-Dame, revêtu du costume prescrit aux ecclésiastiques soumis à la Règle du Temple. Le chanoine Clouet était un des hauts dignitaires de l’Ordre, et c’est à ce titre qu’il prononça l’oraison funèbre, tandis qu’à l’extérieur, plusieurs bataillons d’infanterie rendaient les honneurs militaires.
    Le 27 avril 1810, un décret du grand maître Bernard Raymond, contresigné par le secrétaire F. Auguste Savinien de Lorraine, autorise le conseil statutaire à établir des convents dans les commanderies des différentes villes (bailiage de Bourgogne, du Languedoc, du Pièmont et de Dalmatie).

    Le grand maître des nouveaux Templiers était, depuis 1804,Bernard Raymond Fabré Palaprat,médecin né en 1773 à Cordes (Tarn). Il avait succédé au régent Chevillon à qui le grand maître de Cossé-Brissac avait remis ses pouvoirs en 1792. CQFD.

     

    D. Castille

     

    et pour en savoir plus je vous invite à venir visiter cet admirable site :

     

    http://www.esonews.com/Baphomet/chapitre4.asp

     

     

     


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