Profession : “ elficologue ”
Pierre Dubois est un personnage étonnant. Cheveux, barbe et moustache longs et blancs « parce que
le “ petit monde ” aime mieux ça qu'un costard à la Bernard Tapie ». Ce fou de surnaturel, de
fantastique et de merveilleux consacre sa vie aux elfes et aux fées. Cette passion née dans son
enfance a orienté sa vie. Quand il annonce « elficologue » en guise de profession, on pourrait le
prendre pour un allumé. Les maisons d'édition le pensaient à la fin des années soixante quand elles
refusèrent ses premiers ouvrages. Heureusement pour les amateurs, elles ont changé d'avis.

Deux dictionnaires imposants sur les elfes et les fées, des bandes dessinées, des comptines
assassines et des bouquins fantastiques plus tard, le membre fondateur du Centre de l'imaginaire
arthurien en forêt de Brocéliande n'a rien perdu de son enthousiasme. Sa maison sert de sanctuaire
aux figurines de lutins et de fées et abrite des chouettes effraies bien vivantes. Chaque jour, avant de
se mettre à l'écriture, il prépare un whisky, quelques miettes de tabac et des fleurs pour le « petit
monde ». Et il lui parle, comme le faisaient Stevenson aux Samoa et le philosophe Gaston
Bachelard.
“ Écologie de l'âme ”
Croit-il vraiment en ces êtres merveilleux ? Oui et non. Il adore le réalisme magique d'Alice, le petit
décalage qui fait basculer dans le monde imaginaire, il s'intéresse à la quête. « Le monde des elfes et
des fées est ce qu'il y a de meilleur en nous. J'espère qu'il existe. J'ai construit ma vie autour d'une
possibilité que ce rêve se réalise, que la morale du conte existe. Les fées disent : “ Nous sommes les
gardiennes de la nature ”. C'est une forme d'écologie de l'âme pour que l'être humain ne se nécrose
pas. Aujourd'hui, j'ai peur que la surabondance d'effets spéciaux dans les livres ne tue le monde
enchanté qui est en nous. Et fasse fuir les fées de l'autre côté du miroir. »
Source : nouvelle république